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Construire sa maison en matériaux sains avec des procédés naturels, c'est souvent un rêve, qu'on n'ose pas réaliser parce que ça semble compliqué… et coûteux !

Pourtant, ceux qui l'ont fait n'ont aucun regret. Et leur qualité de vie fait envie !

"Ce n'était pas compliqué du tout ! "Jocelyne Guillout-Cambuzat, agricultrice en Dordogne, a réhabilité une grange "en bio", avec l'aide d'un architecte de l'association CREEE (Construction respectueuse de l'environnement et économe en énergie). "J'ai été étonnée de la simplicité avec laquelle tout s'est fait!"

Jocelyne voulait valoriser les ressources locales : "On a utilisé beaucoup de bois, du châtaignier issu de la tempête, traité avec des produits bio, de la brique, des enduits chaux-chanvre, et là où on voulait doubler, on a posé du Fermacell (plaques de cellulose pressée, NDLR). L'isolation des combles est en laine de mouton, le chauffage, à bois déchiqueté alimenté en combustible par une vis sans fin. On utilise aussi le solaire passif, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'ouvertures au nord, et de grandes surfaces vitrées au sud."

La maison n'est pas encore terminée. "Des professionnels ont réalisé le gros œuvre, j'ai procédé par tranches pour le reste, avec des amis. En tout, j'y aurai passé deux hivers et deux débuts de printemps… C'est très agréable de participer, j'apprends au fur et à mesure… "Jocelyne Guillout ne regrette rien : "Ça m'est revenu moins cher que si j'avais voulu tout faire faire classiquement. Mais c'est une autre logique, certains coûts d'investissement élevés se récupèrent sur le fonctionnement… Et on est tellement bien ici! Tous ces matériaux naturels qui changent en fonction de la luminosité…"

Du chanvre "maison"

Emmanuel Deberdt et Christine Boutin ont entrepris il y a un an de construire eux-mêmes leur maison, dans le Pas-de-Calais, après un stage dans une chanvrière en Bretagne : "Tout est venu du chanvre! Ses fibres, riches en silice, se minéralisent très vite au contact du sable…" Emmanuel et Christine en ont semé trois hectares, et ont bien sûr dû montrer patte blanche pour obtenir les autorisations. Séché, broyé, le chanvre complet, beaucoup plus résistant que celui vendu dans le commerce, a servi dans de nombreuses phases de la construction. On le retrouve dans la chappe, mais aussi dans les cloisons entre des ossatures bois, et dans tous les enduits qui recouvrent les briques de terre cuite.

Un géobiologue a étudié le sous-sol, et déterminé le meilleur emplacement, "sur une ligne de vitalité". Orientée plein sud, la maison sera chauffée avec un énorme poêle à bois en pierre volcanique qui rediffusera une chaleur douce dans tout l'espace. Les eaux de pluie seront réutilisées pour les tâches ménagères, l'électricité, toujours reliée à la terre, ne passe que le long des murs. "Et dans deux ou trois ans, on aimerait mettre des panneaux solaires, et peut-être une éolienne plus tard…"

Seule la charpente a été montée par un spécialiste. Emmanuel, dont l'activité est concentrée suivant les saisons, apprend tout au fur et à mesure, et n'hésite pas à demander l'avis de maçons. "Plutôt que de trouver un boulot complémentaire pour payer la construction, je préfère le faire moi-même!", explique-t-il. Le choix du bio, "c'est la suite logique de notre démarche professionnelle", commente Christine, arboricultrice bio, " la recherche d'une certaine qualité de vie". L'autoconstruction, c'est "un challenge qu'on s'est donné". Et qui leur permet d'emménager bientôt dans une habitation de très haute qualité et de 220 mètres carrés, pour un peu plus de 80 000 euros seulement (le terrain leur appartenait déjà) !

Demies démarches

Mais on peut s'offrir une maison "bio" sans forcément remonter ses manches. René Racinet, acupuncteur au sud d'Angers, a fait construire une maison " qui profite des bienfaits de la nature ". Drainage autour pour limiter l'humidité, étude géobiologique, espaces tampons (garage, buanderie) au nord, ouvertures au sud, il a choisi aussi d'isoler les murs par une lame d'air entre les briques et de brancher toute l'électricité à la terre. Très pressé pour son chantier, il reconnaît " ne pas être allé au bout de la démarche" mais avoir fait surtout jouer "le bon sens ", pour un surcoût d'environ 10%. Même profil pour son confrère belge Willy Maes : beaucoup de bois non traité, de la brique, du ciment, du liège et un vide d'air pour isoler, aucun élément métallique qui pourrait capter de mauvaises ondes. Il assure "être allé voir sur place ce qui se faisait avant de choisir " et s'être surtout entouré " d'avis d'experts ".

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